GROENLAND 2004 ... jusqu'à Thulé (suite et fin)

 

Upernavik

Upernavik : la nuit de jour et le jour de la baleine

Arrivée du bateau à 3 heures du matin, la luminosité est superbe.
Le village est sur une île à flanc de colline, tourné vers le large. C'est pourtant sur le flanc tourné vers la terre que nous assistons à l'incroyable spectacle du dépeçage de la première baleine de l'année (en août). Il ne faut pas plus d'une heure aux hommes pour découper le cétacé et le répartir entre les membres de la communauté, sous les yeux des femmes et enfants qui en profitent pour déguster le
mattaq (la peau de la baleine).
Je n'ai jamais goûté de viande aussi fraîche donc je manque de point de comparaison, mais la baleine crue d'Upernavik est fondante à souhait, et le
mattaq a bien un goût de noisette !


Qaanaaq

Qaanaaq : la mythique Thulé vole notre cur

Qaanaaq en soi n'est pas très belle, ne possède pas de cachet particulier, résultant d'une construction rapide et fonctionnelle des années 50 lorsque le gouvernement danois a dû reloger les habitant de Thulé éjectés sans ménagement de leur village millénaire en l'espace de 3 jours par une armée américaine peu scrupuleuse.

Qaanaaq possède cependant deux choses magnifiques : un cadre réellement enchanteur et une communauté à part.

De tous côtés des langues glacières tombent dans la mer, quelques icebergs se dirigent vers la haute mer, l'île Herbert masque le grand large. La toundra a disparu, ne restent que de la pierre, du sable et de la glace. Les caches à viande sont nombreuses sur le chemin de nos balades. Le temps est changeant à souhait.

Le plus impressionnant je crois, c'était qu'à Qaanaaq le soir ne venait pas du tout, le soleil restait en l'air en permanence. Et comme c'était la semaine du déchargement du porte-container (une semaine par an pour toutes les fournitures, du papier toilette au fuel), il y avait de l'activité tout le temps, même à 2 heures du matin!

La communauté de Qaanaaq vit en-dehors du monde. Bien sûr ils ont le téléphone, Internet et des machines à laver. Bien sûr la mairie ne ferme que le dimanche, et le Pilersuisoq vend le confort moderne. Mais les habitants de Qaanaaq sont pratiquement tous chasseurs, le plus grand plaisir qu'ils éprouvent est de partir chasser la baleine en kayak et au harpon. Les habitants de Qaanaaq vivent pleinement avec le soleil et le vent, prennent leur temps, nonchalamment, et dédaignent l'argent des touristes si l'envie est plus forte d'une bonne partie de chasse. Et lorsque l'avion repart, c'est tout le village qui vient vous dire au revoir devant l'aéroport. Oui, Qaanaaq est bien à part.

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© Textes et photos : Chloé COLLIN (Août 2004)