LE VILLAGE DE
Å : le Sud de ces îles du Nord !
Quel
drôle de nom pour une localité, difficile de faire plus
court, ça ressemble à une exclamation : Å, tout simplement !
Quelques maisons, un hameau plus qu'un vrai village, c'est le
terminus de la route qui traverse les Lofoten du Nord au Sud.
Nous sommes
à l'extrémité sud de l'archipel ... enfin pas
exactement puisque encore plus au sud, les îles de
Værøy et Røst font aussi partie des Lofoten.
Mais pour atteindre ces îlots rocheux, peuplés de
quelques 2.5 millions d'oiseaux et accessoirement de moins de 1500
habitants, il faut obligatoirement emprunter la voie maritime ... ou
celle des airs, à la manière des oiseaux qui y nichent
!
A Å ... (à prononcer à la
norvégienne, c'est à dire "o" , ainsi mon début
de phrase devient moins bizarre !) ; donc à Å, le
décor vaut la peine que l'on s'y promène en prenant de
la hauteur pour admirer d'abord un joli lac.
Les brumes
matinales commencent à se disloquer laissant filtrer les
rayons du soleil qui rehaussent ainsi les tons verts des montagnes,
superbe.
Mais randonner sur ces collines nécessite que l'on regarde
aussi où l'on met les pieds. Le sol est humide voire spongieux
et souvent transformé en tourbières ... splashh !
Tout autour, de petites fleurs jaunes et quelques boules cotonneuses
de linaigrettes vacillent sous l'effet du vent, l'herbe aussi, ondule
comme des vagues végétales.
C'est un peu
plus loin, en avançant vers les falaises que l'on
aperçoit la pointe, le cap sud de l'île. Et dans son prolongement on
devine, couronné de nuages la petite île de
Værøy.
Ici, sur cet éperon rocheux qui domine la mer, le vent par
moment redouble de vigueur rafraîchissant l'air doux de ce
matin de juillet. Des rafales qui agitent les branches des arbustes
mais qui ne semblent pas troubler la mer.
Une mer
étonnament calme ... Difficile d'imaginer en regardant ce
panorama paisible que ce détroit est réputé pour
sa dangerosité. Le fameux maelström et ses terribles tourbillons,
vous connaissez ? C'est ici qu'il se trouve, à seulement
quelques encablures et on le nomme le Moskenesstraumen.
C'est lui qui a inspiré de nombreux auteurs de Edgar Allan Poe
à Jules Verne qui dans son célèbre
"Vingt
mille Lieux sous les mers" situe ici la fin tragique du
Nautilus du capitaine Nemo :
" On
sait qu'au moment du flux, les eaux resserrées entre les
îles Féroë et Loffoden sont
précipipitées avec une irrésistible violence.
Elles forment un tourbillon dont aucun navire n'a jamais pu sortir.
De tous les points de l'horizon accourrent des lames monstrueuses.
Elles forment ce gouffre justement appelé le "Nombril de
l'Océan" dont la puissance d'attraction s'étend
jusqu'à une distance de quinze kilomètres. Là
sont aspirés non seulement les navires, mais les baleines,
mais aussi les ours blancs des régions
boréales".
Ah ! l'imagination légendaire des écrivains ... car
l'on sait aussi que Jules Verne n'avait jamais navigué
près des Lofoten.
Mais que font
les quelques habitants de Å ? Comme tous ceux des villages des
côtes des Lofoten, ils ont toujours pêché la morue
et la préparent en la faisant sécher à l'air
libre.
Cependant de nos jours et surtout en été ils ont
d'autres occupations : acceuillir les touristes, les caps ont
toujours attiré les curieux.
Les anciennes cabanes des pêcheurs servent de logement aux
estivants ou sont utilisées comme musées.
Prés du port, il y a le Musée des villages de
pêcheurs avec ses 14 bâtiments en bois peint datant
d'environ 150 ans (fabrication d'huile de foie de morue ... bah !,
boulangerie, maison de pêcheurs ....)
Mais le plus intéressant à mon avis est le Musée
du Stockfish qui donne sur une petite crique, on y apprend tout sur
la préparation de la traditionnelle morue séchée
des Lofoten (voir encadré et la page qui lui est
consacrée)
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Comme il est sympa, on veut bien le croire
et dans son très instructif musée on
découvre l'univers du stockfish. |