LE "LOFOTEN TØRRFISK MUSEUM" : l'unique musée du monde du poisson séché

Morues ... et balances anciennes

Le lieu respire l'authenticité, du bois partout, un plancher et un escalier qui craquent, mais un lieu qui évidement sent fortement la morue. On dit ici que c'est l'odeur de l'argent car au Lofoten, la morue est depuis bien longtemps la principale ressource des îles.

Dans ces locaux, tout ce qui permet de préparer le stockfish est exposé et expliqué. De l'étape de la pêche avec les nombreux ustensiles (hameçons, filets, crochets et piques ...) aux outils anciens qui permettaient de préparer la morue séchée.
Les instruments et les machines sont devenus de nos jours plus modernes ... mais les méthodes de préparation sont bien sûr restées les mêmes.

Un travail de préparation long qui nécessite plusieurs étapes.
C'est au rez de chaussée que sont présentées les tables de triage sur lesquelles le poisson pêché en hiver était vidé, écaillé et rincé avant d'être assemblé. Un lien enfilé sur deux queues à la fois et en un tour de main, les deux cabillauds étaient prêts à être disposés sur les séchoirs à l'extérieur ... afin de sécher lentement au bon air de l'archipel.

 

Morues séchées

A partir de fin mai /début juin, les poissons séchés sont stockés et triés consciencieusement, ceux qui sont tachés ou abimés seront éliminés.
Les autres à la belle chair blanche seront sélectionnés en différentes qualités ... il y a en même 14 différentes paraît-il ! Un travail de spécialistes.

Les Italiens principaux destinataires de la morue des Lofoten sont exigeants, la morue mince est exportée vers l'Italie du Nord, quant à l'épaisse, c'est pour le Sud de la péninsule italienne !

A l'étage sont aussi exposées les anciennes presses manuelles qui étaient utilisées pour compresser les morues afin de les rassembler en bottes de 50 kilos.

Stockfish mais également Klippfisk, la morue salée est présentée dans le musée, c'est une autre spécialité locale dont raffole les Portuguais ammateurs de baccalao.


La visite se termine par une projection video comme il se doit et un verre de café et un biscuit, sympa.
Mais pour les français, le maître des lieux, Steinar Larsen, propose de visionner le reportage tourné ici dans le musée et dans les îles par une équipe de Thalassa. Des images et des commentaires remarquables. J'avais vu cette émission il y a neuf an quand elle avait été diffusée sur nos écrans ... mais en la voyant sur place, elle prend une autre dimension et capte encore plus notre attention.

Sentir, voir cette morue séchée donne (presque) envie de goûter à cette préparation traditionnelle. Et c'est possible, on trouve dans les boutiques ou dans tous les supermarchés des Lofoten de petits sachets de stockfish salé ; les Norvégiens les consomment en snack.
Bien entendu, j'ai goûté ces drôles de chips à la très forte saveur de poisson ... c'est quand même très spécial !


Têtes de morues

Sur le littoral, on peut voir encore en été, des têtes de morues en train de sécher au soleil.
Mais savez-vous où sont-elles exportées ?

Vers l'Afrique, principalement au Nigéria, sans doute pour les populations africaines les parties charnues des cabillauds sont trop chères ... alors ils se contentent des têtes !

Bouillies avec des racines et des piments, c'est un bon apport de protéines. On s'offre ce que l'on peut ...

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