CHIENS ESQUIMAUX : De robustes marathoniens des glaces
Robustes, courageux et soumis, tels se révèleront les chiens esquimaux qui nous tractent.
De
robustes animaux à poil touffu dont la queue se dresse
en faucille. Cette race de chien esquimau canadien (canis familiaris
borealis) arbore toutes les couleurs de fourrure des chiens
de l'Arctique (groenlandais, huskies ou malamutes) ; de plus leur
faculté d'adaptation aux rigeurs du climat est
exceptionnelle.
Et quelle vitalité ! Imaginez le labeur, plus de 40 km
parcourus chaque jour en tirant notre très lourd
traîneau.
Des caresses et des récompenses à l'étape ? Non,
non, juste en guise de repas un morceau de phoque souvent gelé
(seulement tous les deux jours) et une nuit de repos à la
belle étoile ... "polaire".
Soumis, ils le sont,
à leur maître. Jayko n'hésite pas à
montrer et à faire claquer le fouet, histoire de confirmer que
c'est lui le chef !
Cet après-midi, les chiens de tête, théoriquement
les plus expérimentés ne veulent
décidément pas suivre les indications de direction ...
Qu'à cela ne tienne !
Jayko, à plusieurs reprises arrête le traîneau, se
porte aux côtés des chiens, fouet à la main.
Quelques grognements et voilà la meute vite repartie dans la
bonne direction ... laissant à peine le temps à notre
musher de se replacer sur le qamotiq . Pourvu qu'au
prochain arrêt tout l'équipage ne reparte pas sans son
conducteur : on se trouverait alors dans une belle situation
!
Des chiens qui aboient ou hurlent au moment de dévorer leur morceau de phoque ... mais aussi tous les matins au moment de constituer l' attelage, après une nuit de repos, ces athlètes sont semble-t-il impatients de partir pour leur marathon quotidien. La dextérité est de mise pour les attacher, dans le bon odre et à la bonne place, sans emmêler les cordes, d'autant que quelques excités se font un malin plaisir à tirer et à se déplacer sans cesse !
Un fait amusant qui se reproduit à chaque départ : la course doit stimuler les besoins naturels des chiens ... mais malheur au retardataire dans ces circonstances, le reste de l'équipage n'attend pas ! La corde se tend précipitament et le pauvre bougre est tiré sans ménagement ... une glissade, quelques gémissements et le voilà revenu à sa place !
Et que dire
du calvaire de ce chien blessé par un choc contre le
traîneau ? Courageux, il terminera l'étape sur trois pattes. Le
lendemain, il ne sera pas attelé, boitant, sautillant, tentant
de suivre la troupe mais disparaissant progressivement de notre vue.
Et nos accompagnateurs inuit de nous confier : " il regagnera le
village en suivant les traces, peut-être dans deux jours ... ou
jamais !".
Le monde arctique est sans pitié pour les plus faibles.
Les Inuit
m'aimeraient-ils pas leurs chiens ?
Si, si, même si le traîneau à chiens est quelque
peu délaissé de nos jours au profit des motoneiges
(bien plus pratiques pour tracter les traîneaux !), les
Autorités du Nunavut ont désigné le chien
esquimau canadien, leur cher quimmiq , comme "l'animal officiel" du
territoire.
Ce compagnon fidèle des Inuit depuis bien des
générations obtient là une juste
reconnaissance.