IQALUIT : Capitale du Territoire Inuk
Après
un peu plus de 2 heures de vol et quelques 700 km parcourus en
direction du Sud, nous débarquons à Iqaluit ( "poissons" en Inuktitut).
Il est loin l'isolement et les -21° de Clyde, la
température extérieure n'est que de -10° : c'est
déjà le Sud !
Une étape de transition pour amorcer le retour vers "notre"
monde. Iqaluit est l'agglomération principale de l'île
de Baffin malgré seulement 6000 hbts, c'est même la
capitale du Nunavut.
Dans le
centre, au bord d'une large avenue, est construit l'édifice
de
l'Assemblée
Territoriale de la Nation Inuk. Inaugurée le 1 avril 1999,
jour de la reconnaissance de l'autonomie du pays, elle est le
siège des rassemblements des représentants des
différentes communautés du Nunavut.
A l'intérieur, les symboles des traditions inuit ne sont pas
oubliés : un qamotik (traîneau) à
l'entrée, une chambre ronde en forme d'igloo pour les
séances et des fauteuils recouverts de peau de phoque, sans
oublier la "masse" représentée par une défense
de narval (voir en cliquant sur la photo).
Mais quel est le bilan après 5 années
d'Autonomie ? Les avis sont partagés, car le Territoire
manque cruellement de cadres inuit pour gouverner le pays ... Alors,
autonomie- utopie pour certains ? Un symbole saute aux yeux du
visiteur : juste à côté de l'Assemblée, on
aperçoit l'édifice de l'État canadien : la
tutelle et le portefeuille du Nunavut !
Un bâtiment où trône deux drapeaux, celui du
Nunavut, mais aussi celui du Canada avec sa célèbre
feuille d'érable ; paradoxal pour un pays où aucun
arbre ne pousse !
Si l'histoire de cette nation inuk est encore à écrire, la ville d'Iqaluit a un propre passé. Pour en découvrir le témoignage il faut se rendre à 5 km du centre dans le hameau d'Apex. Là, près de la grève subsistent quelques bâtisses en bois (1914) datant des premiers postes de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson : témoignage du commerce de la fourrure, florissant à cette époque.
Mais c'est en 1942 que la ville pris son essor ... enfin, il serait plus juste de parler de la construction d'une ville-aéroport-base militaire ! Le résultat d'un accord entre le Canada et les USA afin de créer une base relais entre l'Amérique et l'Europe en pleine Deuxième Guerre mondiale.
Dans le centre ville, l'église anglicane St Jude est une des seules constructions rappelant l'architecture inuk avec son original dôme en forme d'igloo. Car il faut reconnaître que les immeubles ou les maisons du reste de l'agglomération ont un style bien commun évoquant cubes bétonnés ou "boîtes d'allumettes" . Dans les années 70 on a même construit un complexe rassemblant buildings, bureaux et centre commercial ... Ici, c'est l'Amérique, pauvres inuit, on est très loin des igloo !
Mais pourquoi
plusieurs habitations ont une lumière extérieure
allumée en plein jour ? Ces lampes sont des indicateurs des
réserves d'eau et de fuel pour le chauffage, ainsi il n'est
pas besoin d'appeler pour les livraisons, les chauffeurs se fient
à ces indicateurs d'autonomie : pratique pour les
habitants.
Non seulement des camions citernes sillonnent les rues mais aussi
des voitures et quelques taxis ... leur particularité à Iqaluit ? Le
tarif des courses est toujours identique quelque soit la destination
: 4.5 dollars canadien ; pas étonnant, le réseau
routier s'arrête à la périphérie de la
ville. Cependant une précision, ce tarif s'entend ... par
passager transporté !


A Iqaluit, il
y a 3 langues officielles : l'inuktitut, l'anglais et ... le
français ! Cela peut surprendre, mais la communauté
francophone est importante, près de 10% de la population.
L'Association des
francophones du Nunavut fédère cette communauté avec de
nombreuses activités : réunions, fêtes, concerts
francophones, publication d'une revue d'actualités
circumpolaires "Le Toit du Monde" et aussi anime une radio
francophone.
C'est une de ses sympathiques membres qui nous a guidé pour la visite d'Iqaluit, d'autres nous ont accueilli dans l'intéressant Centre des Visiteurs fraîchement rénové ... Certes, une visite trop rapide où nous avons raté la visite du Musée Inuit local (fermé le matin) mais qui s'est achevé autour d'un café et des chaleureux membres de cette dynamique association.
Début
d'après-midi à l'aéroport d'Iqaluit,
l'avion du
retour
pour Ottawa est déjà en bout de piste ...
Des sensations, des émotions et des souvenirs de la
découverte de cette terre glacée du bout du monde ont
envahie à jamais ma mémoire ; une telle
expérience a marqué et fasciné le voyageur que
je suis.
Les amoureux du Grand Nord sont sans doute peu nombreux, mais
croyez-moi, ce sont toujours des amoureux fous ...
Passion, quand tu nous tiens !