ET L'OURS POLAIRE ? Seigneur de l'Arctique ...

L'animal mythique du Grand Nord est présent partout au Nunavut : sur les blasons, sur les affiches de l'aéroport ainsi que sur les rares documents touristiques mais surtout il hante tous les esprits.
Qu'on en rêve comme un enfant ou bien qu'on le craigne, qu'on veuille le chasser ou seulement l'observer, ici tout le monde l'évoque avec passion.
Nous sommes bien au
pays de l'ours blanc !

Cependant, sur la banquise, territoire immense dont il est le maître ... il se fait beaucoup plus discret !

Traces d'ours polaire

Oh ! Bien sûr, les indices de sa présence sont fréquents.
Tous les jours au cours de notre randonnée, des empreintes nous rappellent qu'il rôde dans les environs.

Là, au milieu du fjord, ce sont des empreintes fraîches, ces traces en témoignent, nous affirmerons nos inuit. Il y a même des traces de pas de tailles différentes : un ourson et sa mère sont passés à cet endroit ...
des pas qui rejoignent la berge du fjord avant de disparaître derrière des rochers inaccessibles.

 

Les restes du repas d'un ours

Ici, cachés dans une petite cavité sous la glace, Noah repère les restes du repas d'un ours : une peau de bébé phoque à demi déchiquetée.
On aura beau scruter les alentours il n'y a toujours aucun ours polaire à l'horizon ...

C'est un sentiment ambiguë qu'éprouve le visiteur vis à vis de l'animal, un fort désir de l'apercevoir dans son milieu naturel. J'imagine un ours avançant majestueusement sur la banquise accompagné, pourquoi pas, d'oursons nés à l'automne ... comme dans un rêve d'enfant.
Mais également un sentiment de crainte : l'animal affamé peut être redoutable et s'attaquer à l'homme sans défense. Bien entendu, nos accompagnateurs sont armés pour parer à toute situation dangereuse ; d'ailleurs les autorités locales recommandent la plus grande prudence lors des randonnées avec tout un lot de conseils comme ne jamais laisser les restes de pique-niques près des refuges. L'ours polaire a un odorat très développé et en plus il est curieux.

Au large ... toujours pas d'ours en vue !


Alors, va t-on enfin le voir nanoq, le prédateur des lieux ? Oh ! La réponse de Noah est toujours la même : "Vallaijuq ! (peut-être)"l
En abordant la banquise plus au large, loin des montagnes, la probabilité de rencontrer l'animal mythique devient en principe plus forte.

Mais comment le repérer dans cette immensité blanche parfois uniforme et plus souvent hérissée de plaques de glace et tailladée de failles.
Juché sur un iceberg, scrutant l'horizon infini, Noah me confie : "Moi aussi, quand j'étais gamin, à chaque sortie sur la banquise j'étais si impatient de voir l'ours blanc que ma mère me répétait : le meilleur moyen de ne pas le rencontrer est de trop y penser "
Chez les Inuit, la parole des anciens a valeur de vérité.

 

Peau d'ours à  Kangiqtugaapik

Finalement, je m'étais fait à l'idée de ne pas voir d'ours, la découverte de la beauté des paysages de l'Arctique n'était-elle pas suffisante pour combler le voyageur ? N'y pensant plus, son image réapparue lors d'une balade dans la communauté de Kangiqtugaapik. Il y avait là, près d'une maison ... la peau d'un ours polaire !
Chaque année, une réunion au sein de la communauté locale détermine le nombre d'ours polaire autorisés à être abattus : de 15 à 20 environ dont la moitié est "réservée" aux Blancs. Des amateurs de trophées d'exception qui n'hésitent pas à venir de très loin pour traquer l'animal pendant plusieurs jours en compagnie de chasseurs inuit ... les tarifs journaliers sont pourtant prohibitifs !
Quant à la viande d'ours, sa saveur prononcée ne vaut vraiment pas celle de la viande de phoque : parole d'Inuk !


L'ours d'Iqaluit ... aux Centre des Visiteurs

Enfin en voilà un, une approche facile sans aucun danger, ce magnifique ours polaire est empaillé ! Il trône au milieu du Centre des Visiteurs d'Iqaluit ... pour la photo, aucun problème, on est sûr de ne pas la rater !

Alors voici Ursus maritimus destiné à être conservé dans un Musée ? Le seigneur de l'Arctique serait-il en danger ?
Certains scientifiques commencent à le redouter. Deux phénomènes risquent de
transformer ce prédateur en victime : le réchauffement de la planète avec une fonte un peu plus précoce de la banquise ... et c'est la chasse aux phoques (aliment de base des ours) qui devient plus difficile, car en eaux libres le phoque est moins vulnérable.
Mais le danger principal viendrait de la pollution chimique : transportée par les vents jusque dans le Grand Nord, ces polluants touchent toute la chaîne alimentaire, du plancton ... aux phoques jusqu'à l'ours, au bout de réseau, qui accumulerait cette toxicité dans son organisme.

igloo

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