LE SVIR Escale verte sur la "route bleue"
Entre les
Lacs
Onéga et
Ladoga, ce sont sur les eaux du
Svir que se poursuit notre navigation. Des
paysages enchanteurs tout le long des 224 kilomètres du cours
de ce fleuve, surnomé la "route bleue".
Une succession de méandres, des passages plus étroits,
des petites îles le long des berges et des paysages
boisés.
L'industrie forestière est la principale ressource
économique de la région ; de nombreuses scieries jalonnent le Svir. Certaines sont
immenses comme celle que nous longeons maintenant : sur des centaines
de mètres (1 km, peut-être !) des miliers de troncs sont
entassés et alignés au bord de l'eau. D'imposants
portiques transportent les billes de bois vers les scies,
régulièrement le silence est déchiré par
les bruits stridents des lames qui débitent le bois et
parfois, flotte dans l'air l'odeur caractéristique de la
sciure.
Par ici, le climat est très rude l'hiver et lors du
dégel printanier, les berges subissent les effets
néfastes des écarts de température. Des
effondrements et des glissements de terrain qui emportent avec eux
les arbres.



Des forêts
mais aussi des villages bordent le Svir. Au programme cet
après-midi : une escale verte à Svirstroï.
Passons rapidement devant la dizaine de petits chalets de bois
(flambant neufs) qui font office de marché aux souvenirs ...
gagnons plutôt le centre du village, des chemins de terre
bordés d'isbas toutes entourées de leur potager.
Quelques enfants jouent au milieu du chemin, un, plus grand, traverse
le passage, chargé de deux gros bidons (la corvée d'eau
!), deux babouchkas aperçues, un husky aboyant ... le village
paraît désert cet après-midi !
Où sont passés les habitants ? Mais c'est bien
sûr, ils sont sur le quai près du bateau ... afin de
vendre quelques souvenirs aux touristes !

Un peu plus loin se trouve un petit lac bordé par une plage de sable, quelques personnes se baignent. Il n'en faut pas
plus pour me convaincre. La température de l'eau est
idéale, même si l'eau est un peu brune (par la
décomposition des végétaux), la baignade est rafraîchissante en cette
après- midi ensoleillée.
Au sortir du bain, je suis intrigué ... au lieu de s'allonger
sur le sable, la plupart des russes reste debout, le temps de
sécher au soleil, serviette à la main ? La raison va
vite me paraître évidente : les moustiques sont nombreux
au bord du lac ... et la serviette est très pratique pour les
chasser !

Sur le chemin du retour vers le bateau, quelques femmes vendent des produits locaux : airelles et poissons séchés et fumés (à l'odeur, on repère les étals de loin !). Les russes en sont friands, mais quelle drôle de façon de les consommer : ils frappent les poissons séchés sur la table afin de les ramollir avant de les déguster par petites bouchées ! Le tout accompagné, comme il se doit, d'une bonne rasade de bière ou de vodka.
Une petite fille
vient à ma rencontre, elle a peut-être 5 ou 6 ans et ce
sont ses dessins d'enfant qu'elle me propose ... On ne mendie pas
dans les campagnes russes, on vous offre toujours quelque chose en
échange d'un peu de monnaie ... avec un sourire en plus.
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