PETERHOF* Un "Versailles" au bord de la Baltique
Au début
de l'histoire il y a Pierre le Grand, toujours lui, et une modeste résidence
où il venait régulièrement afin de surveiller
les travaux de la forteresse militaire de Cronstadt. Séduit
par ce lieu boisé au bord du golfe de Finlande, le
voilà qui décide d'édifier ici, un palais
majestueux, un parc immense, des bassins et des fontaines ... dans sa
tête, c'est à Versailles qu'il songe.
Architectes, hydrauliciens sont convoqués, il y a là,
l'architecte français Jean Baptiste Leblond et le sculpteur
Rastrelli. Le projet ? Construire le "Château de
Pierre"
afin de flatter
son ego et la fierté russe.
En arrivant, ce matin, on est d'abord ébloui par l'imposante façade ocre du Grand Palais et que dire de la beauté des jardins et des fontaines.
Mais c'est
surtout lors de la visite des intérieurs que
l'émerveillement est à son comble. Un escalier
d'honneur, des salles d'apparat toutes richement
décorées, des stucs à profusion, des plafonds
polychromes, des parquets marquetés et des murs tapissé
d'or fin ... Peut-être le plus surprenant est l'harmonie des
teintes pastels : du vert amande aux ocres jaunes en passant par des
tons plus osés mauves ou rouges.
Depuis le Cabinet de travail de Pierre le Grand dont les murs sont
couverts de boiseries finement sculptées, on peut profiter,
comme devait le faire le tsar, d'une vue sur le Grand Canal qui se jette dans la Baltique et sur
l'ensemble du parc.

Le parc, parlons-en, plus de 1000 ha ombragés et
fleuris pour le plaisir de la balade. Mais ce qui attire les
visiteurs, ce sont les cascades et les jets d'eau, à l'image de ce Samson
maîtrisant la gueule d'un lion d'où jaillit un puissant
jet qui s'élance à 20 m de haut.
Tout autour des bassins, des figurants en costumes d'époque
posent avec les touristes pour des photos souvenirs (payantes) ; plus
loin, ce sont des musiciens qui bercent les passants ... mais il faut
voir leur habileté à flatter les touristes : un
éclaireur s'avance pour connaître la nationalité
du groupe, et comme par enchantement au passage des visiteurs, c'est
un air de leur pays qui est joué. Au hit parade pour les
français, la Marseillaise ... qui a le don d'irriter nos
compatriotes !
On passe maintenant près de l'amusante fontaine de l'ombrelle
... qui arrose par intermittence les visiteurs, cris et fous rire
garantis !
Des fontaines, il y en a 144 exactement dans le parc, reliées entre elles par 22 km de tuyaux. Un aménagement de canaux et un système d'adduction d'eau qui aura mobilisé dans les années 1715 prés de 5000 ouvriers chaque jour !

En pensant
à toute l'énergie fournit ici, à Peterhof pour
l'aménagement du parc et le coût de ce somptueux palais,
on peut se demander si la population de l'époque avait des
conditions de vie suffisantes pour offrir tout ce travail pour la
gloire de leur Tsar ... de toute façon, on s'en souciait peu
à l'époque en Russie.
Remarquez, ne nous faisons pas trop d'illusions, il en était
de même dans les autres pays d'Europe.
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