ÎLE D'OLKHON : Ouzoury et sa station météo
Ouzoury sera notre seule escale sur la côte Est
de l'île. La côte est sauvage et peu hospitalière,
des falaises abruptes se succèdent formant une
véritable muraille minérale ... sauf ici dans la partie
nord de l'île.
Depuis le bateau on distingue maintenant une brèche dans ce
mur rocheux, justement c'est là que nous allons
débarquer dans le village et la vallée
d'Ouzoury. Visite.
Le bateau avance doucement vers la grève de sable et de galets clairs, on aperçoit déjà, dominant les quelques maisons de ce hameau, les antennes de la petite station météo.
A peine débarqué, c'est vers l'enclos grillagé qui entoure les instruments d'observation que je me dirige. Il y a là, thermomètre, pluviomètre, anémomètre ... enfin tout pour constater les extrêmes du climat continental de la Sibérie mais aussi pour apprécier le microclimat de l'île. En effet, la présence du lac tempère l'atmosphère, les relevés fait ici le prouvent. Les températures moyennes sont ici inférieures de 5°C par rapport à celles de l'intérieur des terres ... mais cela donne tout de même -16°C de moyenne en janvier ! Peu de précipitations et l'ensoleillement me direz-vous ? Près de 300 jours par an, rien que ça !
Ce n'est pas seulement le climat que les instruments observent ici mais également la géophysique. Le Baïkal qui s'est formé par un rift il y a environ 23 millions d'années présente en permanence une activité sismique importante, il continue même de nos jours à se creuser. Pourtant sa profondeur est déjà conséquente avec des fosses à 1637 m mesurées le long de cette côte Est, précisément au large d'Ouzoury.
Tiens, une
vache sur la plage ! Elle vient de se désaltérer avec
l'eau du lac ... meuh !!
Des vaches en liberté qui apprécient l'herbe grasse de
la vallée, car Ouzoury est aussi un bourg agricole, on y cultive
même quelques parcelles de pommes de terre.
Près d'une isba, un jeune homme accroupi tape le sol régulièrement avec sa main ? Cela m'intrigue ... en m'approchant je comprends très vite qu'il ne s'agit pas d'un rite, il attrape tout simplement des sauterelles ... "for fishing" me dit-il. On est également pêcheur dans le village, on pouvait s'en douter.
Prenons un peu de hauteur en arpentant la colline qui domine le village. Les isbas s'éloignent de la vue et voilà que la large vallée se dévoile : un panorama où s'accordent, baie, steppe et taïga verdoyante.
Mais c'est au
sommet de la falaise que le spectacle devient grandiose, la vue
s'étend vers le nord laissant découvrir des parois
minérales plongeant dans les eaux bleues du Baïkal.
Des rides ondulantes et des reflets sinueux formés par les
courants parcourent la surface du lac, superbe !