ÎLES OUCHKANY : Le charme d'un archipel au milieu du Baïkal
Le
vent et son cortège d'éléments
déchaînés de la nuit dernière a
laissé place ce matin à un calme plat.
Une étrange quiétude toute ouatée, en effet, la
présence d'un brouillard humide et dense ne permet plus de
discerner la limite entre les eaux du lac et le ciel, le beau
décor du Baïkal est devenu uniformément
opaque.
Qu'à cela ne tienne ! Nous poursuivons notre navigation, le
cap vers l'Est en direction de l'archipel des îles
Ouchkany.
En fin de matinée, les premiers rochers surgissent de la brume, le temps de quelques manoeuvres d'approche pour débarquer en bateau à rames ... et voilà que les rayons du soleil commencent timidement à percer ; quelques minutes plus tard le ciel est enfin dégagé ... Il est des jours comme ça où la chance vous sourit au bon moment !
Ouchkany ...
un minuscule archipel au milieu du Baïkal réputé
pour la beauté et le charme de ses îles. Elles sont
trois à composer l'archipel, c'est sur la Grande
Ouchkany que nous mettons pied à terre.
Grande ? Enfin, par rapport aux deux autres. Trois kilomètres
de diamètre, un hameau de quelques isbas, une poignée
d'habitants, un ponton, deux bateaux sur le rivage de galets et une
petite station météo ... afin de constater la
(relative) douceur du microclimat insulaire.
Ah ! j'oubliais, il y a aussi au moins un superbe chien blanc.
Il ne faut pas longtemps pour faire le tour de ce hameau du bout du
monde, cela nous laisse finalement du temps pour parcourir la nature
sauvage de l'île.
Emprunter le
petit sentier littoral est le meilleur moyen de découvrir la
taïga. Une forêt de conifères où les
mélèzes sont rois, une
variété très particulière est très
présente dans l'archipel : des mélèzes aux
troncs évasés à leur base comme pour leur
assurer plus de stabilité.
Entre les arbres, parmi l'abondante végétation, des
monticules de couleur marron attirent le regard. Il s'agit de
fourmilières géantes ! Car dans
l'île, si les moustiques sont pratiquement inexistants (et
c'est tant mieux !) les fourmis sont légions ... il suffit de
jeter un coup d'oeil sur le sol pour s'en apercevoir.
Au milieu des aiguilles de conifères fourmillent (c'est le cas
de le dire !) des millions de ces insectes. Ca grouille en tout sens
et le simple fait de s'arrêter pour les observer, voilà
mes chaussures recouvertes de fourmis agitées ....
Un détail, mais qui a son importance, elles ne piquent pas,
ouf !
La randonnée permet aussi de contempler quelques superbes
points de vue sur le lac et sur les longues grèves qui bordent
l'île. Une succession de petites anses où les galets
clairs sont mêlés à des grains de sable blanc.
Par endroit les rochers sont recouverts de lichens
orangés, histoire d'ajouter une teinte supplémentaire
à ces panoramas où dominent le vert et le bleu.
Magnifique !
|
Lichens et fenêtres : Traditionnellement le lichen qui abonde dans
la taïga était utilisé comme joint
d'isolation entre les rondins ou les planches des murs des
isbas. Une décoration végétale qui sert surtout à absorber la condensation produite par la différence thermique entre l'extérieur et l'intérieur. |