LOINTAINE SIBERIE ...
Quelques cinq heures de vol depuis Moscou sont nécessaires pour atteindre Irkoutsk, principale ville de la région du Lac Baïkal. Autant dire que pendant le vol on dispose de temps pour rêver à la destination.
J'ai beau
avoir lu des articles à propos de la Sibérie en
été et vu aussi des photos estivales du Baïkal, je
ne peux m'empêcher de penser à l'image qu'évoque
le simple nom de Sibérie : l'éloignement, la terre des
exilés et surtout le grand froid sibérien... Un regard
à travers le hublot et c'est la vue de ces masses nuageuses
blanches et étincelantes qui dans mon demi sommeil me renvoie
à cette image de grand blanc : me reviennent en mémoire
mes souvenirs de neige glacée et de banquise vécus en
2004 au Nunavut. La nuit sera, elle aussi, presque blanche, la
conséquence du décalage horaire en direction de l'Est
!
Mais l'aube, arrivée trop vite, sera rougeoyante et ce sont
des étendues verdoyantes que l'on devine : la taïga
à perte de vue ... nous sommes bien en été, en
plein mois de juillet, d'ailleurs les rayons du soleil du petit matin
illuminent le tarmac de l'aéroport d'Irkoutsk.
La découverte de la perle de la Sibérie peut enfin
commencer.
... ET l'ARRIVEE AU BORD DU BAÏKAL : Le village de Mares
Encore
environ cinq heures, mais cette fois de route, nous séparent
des berges du lac, car c'est au petit port de Mares (ou MRS) que nous
devons embarquer. Les routes sont longues et rectilignes à
travers la steppe et la forêt. Une taïga où se
succèdent les montées et les descentes, de
véritables montagnes russes ... enfin sibériennes !
Puis au détour d'une piste chaotique et poussiéreuse,
nous l'apercevons enfin, juste une petite étendue d'eau
visible entre deux collines, c'est bien lui, le lac Baïkal,
notre destination.
Le vent
souffle et les eaux du lac sont agitées, le départ de
notre cabotage en sera quelque peu retardé. Finalement, c'est
très bien, d'abord sans doute pour mon estomac qui
n'apprécierait pas le tangage et puis cela laisse un peu de
temps pour découvrir le petit village de Mares.
Des premières impressions qui nous plongent
dans l'ambiance d'un bourg des bords du Baïkal. Les habitations
sont toutes en bois, des rondins pour les isbas et des palissades de bois
autour. Le besoin de rénovation pour la plupart saute aux yeux
... c'est ainsi en Russie, les moyens manquent ! Certaines sont tout
de même coquettes, bien décorées avec leurs
fenêtres peintes en bleu.
Dans la rue
principale, dans une superette, à côté des
produits de premières nécessités, je remarque
des bouées et des jouets de plage. Car Mares fait aussi office
de station balnéaire avec une belle anse de sable blond. Oh !
Une plage qui n'est certainement pas ratissée tous les
jours, quelques bois flottés (et des détritus !) se
mêlent par endroits aux grains de sable. N'empêche, des
promeneurs sont là, d'autres profitent du soleil
étendus sur le sable, enfin certains (rares) en maillot de
bain tentent (rapidement) la baignade ... J'ai voulu testé
l'eau avec mes pieds : très très fraîche !
Une plage ouverte à tout le monde, même aux animaux. Par
moments les vaches qui broutent dans la prairie près de la
plage s'avancent afin de se désaltérer ... soudain
c'est un cochon potelé qui vient profiter de l'eau du
Baïkal. Drôle de voisinage lorsqu'on est allongé
sur le sable !
Un peu plus loin, des enfants s'amusent avec trois fois rien, monter et sauter d'une cabane les font rires aux éclats. Leur visage arrondi et leurs yeux bridés témoignent de leur origine : ils sont Bouriates comme beaucoup d'habitants de la région. La Bouriatie (Province russe autonome) borde la partie Est du lac d'un côté et la Mongolie de l'autre.
A
côté de la plage un vieux ponton de bois constitue le
quai où sont alignés des bateaux : des barques
traditionnelles en bois mais aussi des bateaux de pêche souvent
transformés en bateaux de cabotage pour estivants.
De là il est facile de rejoindre la principale île du
Baïkal, Olkhon dont on aperçoit les côtes rocheuses
à quelques centaines de mètres.
Le
SVIATOGOR nous attend avec son Capitaine
Nicolaï et son second, Pavel.
Le temps de notre balade dans le village ajouté à celui
de prendre un premier repas à bord, comme par enchantement,
les eaux sont devenues plus calmes, nous pouvons donc quitter le
port.
Le véritable début du voyage ...