BANQUISE : Direction ? Le large ...

Le rivage

La journée a commencé par une balade matinale ... sur les flots immobiles. Je ne me lasse pas de parcourir ces rivages aux vagues figées. Difficile de distinguer la mer du rivage tant la couche de neige blanche est continue et uniforme. Seul le bruit des pas permet de faire la différence, passant d'un crissement presque métallique sur la neige glacée à des pas qui résonnent en arrivant près du rivage, la couche de glace étant moins épaisse.

Les failles et crevasses de cette banquise côtière sont enjambées et me voici sur la grève. La promenade se poursuit entre les rochers de cet îlot d'Upernavik où nous avons passé la nuit.

 

Inusuk


Ile minuscule et déserte, champ de cailloux et de pierres couverts de neige et balayé par le vent polaire ... un paysage qui ne correspond pas tout à fait à l'image mythique de l'île déserte, paradisiaque et luxuriante d'un Robinson en mal d'un désir de solitude.

Arrivé sur la butte qui domine les alentours, en partie recouvert par la glace, je découvre un cairn : un inusuk. Ce symbole est devenu l'emblème du Nunavut, figurant au centre du drapeau du territoire. Ces monticules de pierres traditionnels servaient, autrefois aux Esquimaux, d'indicateur de direction dans la toundra.

Quant à nous, la direction du jour, c'est la banquise ... cap au large.

 

Sur 360° le panorama est identique, une étendue blanche, régulière, plane ; une piste facile pour les chiens qui s'en donnent à coeur-joie, filant sur la banquise.
Une surface éblouissante de luminosité où le ciel et l'horizon se confonde dans une teinte plus laiteuse que bleutée.
Devant nous, là-bas au loin on commence à distinguer une masse plus sombre, un dernier éperon rocheux avant le large.

 

Glace translucide

Lichens sur les rochers de l'îlot

Juchés sur les rochers de ce petit îlot, c'est une banquise chaotique, brisée, tourmentée que l'on découvre en portant nos regards vers l'horizon. La douce surface plane parcourue ce matin est bien terminée. Ici, le pack s'est formé peu à peu, les courants, le vent, la force de la houle ont brisé les premières couches de glace formant des hummocks emprisonnés à leur tour par la formation de cette banquise dominatrice.

La progression semble bien compromise, la barrière naturelle que constitue ces crevasses et ces amas de glace ne pourront être franchi par les chiens et le traîneau : vraiment trop dangereux.

Noah essaiera de nous tracter un peu plus loin avec la motoneige, contournements, bosses, creux et zigzags ... jusqu'à ce que la chenille de l'engin s'enfonce dans une congère ! Non, il nous faut renoncer à avancer ! Dommage, nous étions sur les territoires de chasse des ours polaires ...



Même si cette partie de banquise s'avère infranchissable, elle nous réserve de beaux clichés comme ces plaques de glace translucide jouant avec les rayons du soleil pour nous offrir ses reflets bleutés ...

Et le soir à l'étape, à nouveau, le coucher de soleil sera superbe, quelle chance !

ours polaire


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