CLYDE RIVER : Une communauté du bout du monde

un clic pour le grand format

C'est une bourgade comme il en existe une petite trentaine disséminée sur l'ensemble du territoire du Nunavut. Dans les années 50/60 les autorités canadiennes ont voulu "sédentariser" les Inuit qui vivaient auparavant en nomade, se déplaçant de campements en campements ; ainsi sont nées les communautés isolées de l'Arctique ...
Bienvenue à Clyde River, aussi appelée en langue locale
Kangiqtugaapik (belle petite baie).
A peine 800 habitants, dont 95 % d'Inuit, résident ici.
A quoi ressemble cette communauté perdue ? En fait, à un alignement de petites maisons, souvent identiques, le long d'un rivage pris par les glaces en cette saison.

Des habitations préfabriquées cubiques colorées en vert, marron ou ocre. Des murs en bois ?
De loin l'imitation est parfaite, de plus près, on s'aperçoit vite qu'il s'agit d'un matériau synthétique, sans doute plus isolant et d'entretien plus facile.
Les toits sont surmontés de cheminées couvertes de givre et de stalactites et qui crachent une fumée balayée par le vent.
L'entrée de certaines maisons est cachée derrière un amas de neige ... peu importe, les occupants empruntent l'autre ouverture, protégée des congères.
Un habitat, certes, bien quelconque mais qui assure un bon confort aux résidents. Par contre, les rangées de poteaux électriques le long des rues sont vraiment inesthétiques mais tellement utiles pour éclairer le village pendant la si longue nuit polaire.

Peaux de phoques ... Clic !

 Jeunes femmes portant leur bébé dans l'amauti traditionnel
Même si l'aspect général de la communauté est un peu "tristounet" une note de dynamisme vient de sa population très jeune (60% des habitants a moins de 25 ans).
Une balade à travers le village permet de croiser de nombreuses jeunes mamans (parfois adolescentes) portant leur bébé dans la capuche de la tunique traditionnelle :
l'amauti.
Et puis surtout, il y a tous ces enfants jouant entre les maisons malgré le froid vif : balançoire, vélo, et matchs de hockey improvisés à chaque coins du village à la tombée de la nuit.
Des enfants qui n'hésitent pas à venir vers le visiteur, les plus petits en guise d'embrassades vous ceinturant à la taille.
Le premier dimanche d'avril, toute la communauté s'est retrouvée pour la fête du printemps. Pour l'occasion, on avait sorti la petite dizaine d'attelage du village, au programme également, une construction d'un igloo, un grand pique-nique (phoque et caribou) et pour terminer quelques essais de snowboard sur les collines.
Bref, une ambiance chaleureuse entre tradition et modernité.

Partie de hockey De la balançoire malgrè le froid !

Supermarché : un clic pour voir  l'intérieur ...


Des
motoneiges pétaradantes traversent le village, c'est le moyen de locomotion le plus utilisé dans la communauté ... pour rendre visite à la famille ou aux amis et aussi pour aller faire les courses au supermarché.

Dans le centre deux magasins se font face et concurrence, à l'étage de l'Aarruja il a un lieu de convivialité avec l'unique Snack du bourg et dans le supermarché Northem, on trouve le guichet postal ... pas étonnant que cette place soit l'endroit le plus passant de la communauté.

 

Un des bâtiments scolaires

Un peu plus loin, voici les bâtiments scolaires : l'école et le centre de formation professionnelle pour adultes.
Cette vision ravive en moi mes lectures des souvenirs de Jean Malaurie.
Ce grand spécialiste des Inuit, a été instituteur, ici, dans cette communauté de Clyde en 1987. Dans son livre HUMMOCKS, il raconte cette expérience auprès des jeunes Inuit. (à lire en page
lectures)
Actuellement près de 200 enfants fréquentent l'école de la communauté, une scolarité en partie en inuktitut. Mais l'absentéisme est encore important me raconte une institutrice qui s'évertue à apprendre le maniement de l'informatique à quelques adultes du village.
Car ici, comme dans l'ensemble du Nunavut, on manque de cadres et de compétences parmi la population inuit ; les postes de responsabilité sont toujours tenus par des Blancs (
Qallunaq) : management et administration communautaire, enseignement et santé ...
Après la scolarité sur place, les études peuvent se poursuivre en allant étudier à Iqaluit, la capitale ; l'an passé deux bons élèves sont ainsi partis compléter leur formation ... un est déjà revenu, ayant déjà abandonné ses études.


Chaque maison posséde un  sas d'entrée

Le soleil est très généreux en ce lundi de Pâques mais l'air est vif, piquant ...
au fait
quelle est la température aujourd'hui ?
En me promenant entre les maisons je cherche un thermomètre pouvant me renseigner ...
en vain !
Mais finalement, n'est-ce pas une information qui intéresse plus le visiteur "Blanc" que les Inuit du village ?
En abordant les questions de températures, les quelques habitants interrogés donnent toujours une réponse peu précise ...
Fait-il plus ou moins froid que froid ? Qu'importe ! L'essentiel pour les Inuit n'est pas la température affichée mais la présence de vent, de visibilité ou l'état de la banquise.

Suite de la visite de Clyde River

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