CLYDE INLET : Un univers minéral et glacé, grandiose !

Refuge de Narsaq

 

Après avoir chargé le matériel et enfin attelé les chiens, nous quittons le campement de Narsaq (la plaine) où nous avons passé la première nuit, "à la fraîche".
A plus de 60 km de la communauté de Clyde, nous progressons maintenant dans le masjestueux
fjord de Clyde Inlet.

 

Un clic sur l'image ...

Ce matin, un généreux soleil inonde de ses rayons le paysage montagneux ...
Fait-il chaud pour autant ? Pas vraiment !
Un tel panorama éveille en moi l'envie de l'immortaliser, mais
photographier ou filmer sur un traîneau par - 22° n'est pas chose aisée, jugez plutôt.
D'abord il faut enlever ses moufles et bien les fixer avec les cordes du traîneau, oter les lunettes, ouvrir les différentes couches de vêtements pour attraper l'appareil conservé près du corps, bien au chaud ... puis le mettre en marche et au moment de cadrer, surprise : les yeux s'emplissent de larmes et on ne voit plus rien dans le viseur ! Clic, Clac !
Enfin, vite il faut ranger l'appareil ... car les batteries se déchargent rapidement par grand froid et les doigts commencent à s'engourdir (malgré les sous-gants !)
Vous l'avez compris, difficile d'improviser et de faire des "instantanés" ... mais au bout du compte, le résultat n'est tout de même pas mal ?

 Pause ... un clic !Clic ... pour le grand format

Deux heures de course, voici l'heure de la pause pour un repas vite avalé : pâtes déshydratées, fruits secs et lamelles de fromage ... façon sorbet, remarquez, le pain est aussi congelé !
Le tout arrosé d'un café, bien chaud.

Quelques minutes de répis pour aller "explorer" le bord du fjord : un amoncellement de neige, stratifié et entaillé de larges crevasses, donc infranchissable.

 

Une patinoire ...

Des parois rocheuses verticales et immenses, un parcours sinueux, nous sommes dans la partie la plus étroite du fjord. Une succession de glaciers mais aussi une piste transformée en patinoire aux reflets éblouissants, sans doute un effet du vent qui a dissipé la couche de neige. Sur une surface si glissante on pourrait s'attendre à ce que le taîneau accélère ... pauvres chiens, eux aussi patinent maladroitement.
Le glissement des patins du traîneau provoque sur cette glace un bruit sourd. Parfois le passage sur des arrêtes de glace fait résonner des sons stridents, comme des cris ? Ce lieu minéral et glacé, envoutant et féerique est pourtant désertique, depuis deux jours, nous n'avons pas rencontré âme qui vive !
Et dire que cette banquise ne se brisera qu'à la mi-juillet.

 

Un clic  ... grandiose  !

 

Le soleil a disparu, caché par ces falaises imposantes et l'ombre envahie le fjord. De plus, nous affrontons dans ce tronçon rectiligne un vent de face, glacial !
Ce refroidissement éolien a du faire chuter la température à - 25° ou - 30°. Impossible de regarder le paysage vers l'avant, d'ailleurs la buée sur mes lunettes s'est métamorphosée en un givre tenace. Une vision floue et des souvenirs imprécis : la lutte contre le froid qui transforme ma cagoule en coque gelée, les pieds qui s'ankylosent ... le refuge est-il encore loin ?

Réagir devient une nécessité : et si je courrais un peu à côté du traîneau ? Histoire de me réchauffer.
D'abord, il n'est pas facile de passer de l'état de létargie froide aux pas de course, les membres sont engourdis et la tenue n'est pas vraiment celle d'un joggeur.
Et puis nous sommes deux "passagers" sur le traîneau et avons la même idée, au même moment. Les chiens vont vite sentir la différence de charge ... et les voilà qui accélèrent la cadence !
Deux tentatives ... et puis basta ! Attendons l'arrivée ...

Au loin, on aperçoit le refuge, une minuscule cabane à l'extrémité du fjord. Ouf !

refuge

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