RESERVE DE LA LENA : Le long du rivage du Baïkal

Des fleurs, il n'y en a pas que dans les prairies bordant le lac, on en trouve aussi de très belles parmi les galets des plages.
Parcourir ces rivages en marchant sur des gros galets gris et blancs n'est pas chose très facile : on s'enfonce, les pierres rondes roulent et glissent entre elles, la progression devient vite fatigante ...

Plus facile et offrant de belles vue plongeantes sur les eaux et les berges, je préfère randonner en marchant dans l'herbe un peu plus à l'intérieur.
C'est en suivant le
sentier côtier que nous nous dirigeons vers une petite retenue d'eau, entre le lac et la forêt. L'eau y est paraît-il agréable et tempérée car peu profonde, c'est idéal pour la baignade ... allons-y !

Il ne m'en fallait pas plus pour me tenter. Le soleil est chaud et l'eau pas si froide que ça ... 16 ou 17°C. Les enfants des personnels de la station météo voisine jouent avec leur canoë dans ces eaux, voilà qui finira par me convaincre de me lancer dans ma première baignade sibérienne ... un moment agréable et rafraîchissant.


Un banc de galets clairs sépare cette retenue d'eau des eaux cristallines du vrai lac, le Baïkal ... et si je goûtais aussi à la
baignade baïkalienne ?
Une idée qui devient immédiatement une réalité. Marcher pieds nus sur les galets est déjà une sensation forte (ça fait mal !) mais s'immerger doucement dans les eaux du lac en est une autre, encore plus saisissante. Des eaux aux alentours de 12/14°C sur ce rivage vous procurent une sensation surprenante et inoubliable même si, vous l'imaginez, la baignade n'a été que de brève durée !

Vue plongeante sur le lacA droite le Baïkal ... à gauche  la retenue d'eau à 17/18°CLa baignade ...


Le retour vers notre lieu de mouillage au Cap Pokoïniki se fera en bateau avec une petite escale au hameau (3 isbas) de la réserve.
Le nom russe du lieu se traduit par la "côte ensoleillée" ... nous confirmons, le soleil y brillait généreusement !

Une petite station météo est installée ici avec quelques instruments de mesure et une grande antenne ... pour communiquer.
Quelques chevaux aux belles robes complètent ce magnifique décor champêtre et sauvage.

 

 


 

 

La soirée sera aussi inoubliable que surprenante ... calme, beauté et violence des éléments.

Pour commencer, c'est un début de soirée paisible avec un lac aux eaux lisses, aucun bruit ne vient troubler cette atmosphère emplie de douceur... Le calme plat, une véritable atmosphère pour contemplatifs.
Tiens ! le ciel se charge peu à peu prenant une jolie teinte argentée qu'un bout d'arc-en-ciel vient égayer. Avec ces pêcheurs et ces reflets colorées et éphémères, la vision devient un cliché que le photographe ne peut rater.

Il y a maintenant comme un souffle d'air plus frais qui en seulement quelques secondes se renforce. De la forêt nous provient un bruissement, juste le temps de se retourner et de voir les branches s'agiter en désordre alors qu'un vrombissement assourdissant envahie la taïga ... L'eau si calme il y a quelques instants se couvrent de rides en mesure avec les rafales.
En spectateurs incrédules nous assistons à ce soudain coup de vent ... si surpris que je ne pense même pas à prendre en photo la vague qui a surgi de l'horizon et qui vient déferler avec force sur les galets.

Après, tout s'enchaîne très vite. Nicolaï et Pavel, nos marins, qui s'étaient éloignés reviennent en courant. Remontent avec précipitation sur le bateau et démarre le moteur. Avec un lac si agité,le bateau risquerait de s'échouer sur la grève ! Il faut absolument le stabiliser à l'aide du moteur.
Voilà que la violence du vent attise notre feu de camp, des brindilles enflammées tourbillonnent en tout sens ... et si elles se dirigeaient vers la taïga très sèche cet été ? L'angoisse, vite des sceaux d'eau ... pour éteindre les braises.

Même si une heure après ce violent coup de vent, une accalmie semble s'installer, la nuit sera très agitée. Un sommeil entrecoupé et haché par le tangage du bateau sans parler des bruyants et incessants chocs de la coque du bateau contre les galets du rivage ...

De tels épisodes de vents violents et soudains ne sont pas exceptionnels sur le Baïkal avec, paraît-il, parfois des vagues pouvant atteindre plusieurs mètres ...
Heureusement que nous n'étions pas sur l'eau ce soir là, cependant nous ne sommes pas prêts d'oublier cette soirée !

 

La tradition des feux de camp :
Que ce soient les pêcheurs locaux, les estivants russes ou étrangers ... lorsqu'on fait du cabotage sur le Baïkal, le soir au mouillage on se réunit autour d'un convivial feu de camp.
D'abord, il faut rassembler des branches mortes (nombreuses sur les berges) et puis ensuite on s'installe autour du feu, une tasse de thé à la main ou un verre de vodka (ou les deux). Le temps passe vite à évoquer les anecdotes de la journée ou le programme du lendemain. Et pour ceux qui ont de la voix, l'atmosphère est propice pour pousser la chansonnette ...

Sympas, ces moments de convivialité à la baïkalienne où les soirées s'éternisent ... sauf quand le vent se lève !

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A la pêche à l'omoul