RESERVE DE LA LENA : A travers la taïga ...


Observer la forêt de loin depuis le bateau, c'est bien, mais cela donne finalement envie de découvrir cette
taïga sibérienne d'un peu plus près.
Se faufiler entre les arbres, humer les senteurs de résine et de sous-bois, fouler un tapis de lichens et d'aiguilles de conifères ... voilà notre programme cet après-midi : nous partons en forêt randonner jusqu'à une cascade.

Sergeï nous guide dans ce milieu qu'il connait bien, il nous protège aussi, son chien l'accompagne comme son fusil qu'il porte en bandoulière. L'endroit s'appelle "la côte des ours bruns" et il faut être prudent en cas de rencontre inopinée ... mais les seules traces visibles de la présence des ours dans cette taïga seront pour nous ces quelques écorces griffées sur des troncs de mélèzes.

 

 

Un ours est passé par là !Le Lac vu d'en haut

 

La cascade

J'imaginais que le sol de la taïga était un milieu frais et humide où la terre mêlée aux cailloux s'avérerait boueuse ... pas du tout ! Au contraire, ici tout est sec : les pas soulèvent la poussière, les brindilles et les branches mortes craquent sous les chaussures et il fait cet après-midi sous un soleil généreux une chaleur méditerranéenne.
Le ruisseau que nous longeons en montant ne laisse deviner que des galets et des rochers, où est l'eau ? On se croirait presque au bord d'un oued en été !
Finalement les précipitations ne sont pas très abondantes en juillet sur les bords du Baïkal, une fois la neige et les glaces fondues, l'été est souvent très sec comme cette année.
Ici, dans cette taïga touffue, le
mélèze est roi et les extrémités de ses branches parent pendant la saison estivale de jeunes pousses qu'apprécient les habitants de la région : "Il y a des vitamines dans ces aiguilles vertes et tendres" nous affirme Katia, notre accompagnatrice. Sur d'autres conifères, on remarque de petites pommes de cèdre, certaines débordent d'une résine odorante. Un peu plus tard dans la saison, elles donneront de délicieuses graines que les Sibériens aiment beaucoup.

 

La montée est raide pour atteindre la cascade, mais l'effort sera récompensé par le point de vue sur le lac : la côte et les montagnes apparaissent nimbées d'un voile brumeux, l'effet est magnifique !
Comme on pouvait s'y attendre la cascade n'a pas un gros débit en cette saison, deux minces chutes d'eau coulent entre les parois rocheuses. L'accès au petit bassin situé au pied de la cascade est délicat, quelle pente ! un vrai toboggan ... mais cette eau pure et fraîche sera bienvenue pour nous désaltérer.

Des prairies fleuries

La descente sera bien entendu plus rapide ... mais nous laissera un peu de temps pour admirer quelques oeillets sauvages roses poussant au milieu d'un tapis d'aiguilles de conifères.
Des fleurs, encore plus nombreuses dans la lande en lisière de la taïga, là, ce sont de véritables massifs multicolores qui fleurissent pendant le court été sibérien. L'occasion pour moi de les photographier en gros plan ... à contempler sur la page suivante.

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Fleurs de Sibérie