LES NERPAS : Enigmatiques phoques du Baïkal

Grande île  Ouchkany

Le rivage blanc et la colline de l'île Grande Ouchkany quittés, c'est vers une plus petite île de l'archipel que nous nous dirigeons. Une réserve naturelle protégée et gardée où nous espérons apercevoir l'espèce vedette des Ouchkany et de l'ensemble du lac Baïkal : les nerpas. Le fait est suffisamment surprenant pour que cela attise notre curiosité, le lac Baïkal est le seul lieu au monde où l'on puisse observer des phoques ... d'eau douce, ces fameux nerpas.
En navigant le long des côtes du lac, à plusieurs reprises nous avons aperçu furtivement à la surface de l'eau quelques têtes noires de nerpas ... le temps de les distinguer et les silhouettes sombres avaient disparu sous l'eau, frustrant !
Ici, dans ce sanctuaire sauvage, ils sont nombreux à vivre en colonie et l'observation en est en principe facilité ... même si nos accompagnateurs nous rappellent encore une fois que ce n'est pas garantie.

 

Histoire de nous rendre encore plus impatient, après avoir débarqué il nous faut d'abord traverser la taïga de l'île en cheminant entre les mélèzes.
Nous voilà de l'autre côté de l'île ! Depuis un promontoire rocheux et masqués derrière des buissons, nous les apercevons enfin, ces nerpas. Quelle chance : toute
une colonie est à seulement une quinzaine de mètres !

Quelques uns batifolent dans les eaux translucides, d'autres, plus nombreux se prélassent au soleil étendus sur les rochers. Si les nerpas sont naturellement discrets et peureux et n'aiment pas être dérangés par le bruit, entre eux règne une bruyante agitation.
La place manque sur ce rocher tant convoité par une trentaine de prétendants. Il faut les voir ces phoques dodus aux mouvements un peu patauds se déplacer avec difficulté sur les aspérités de la roche. Certains n'hésitent pas à bousculer leurs congénères à coups de nageoires pour gagner une place au soleil. Le tout se déroulant à grand renfort de grognements et d'éructations.

 

Mais au fait, comment ces phoques sont arrivés là, en eau douce ? Les scientifiques se sont bien sûr penchés sur la question et donnent leur hypothèse : de vaillants phoques de l'océan glacial arctique auraient migré par les fleuves Ienisseï et Angara avant d'atteindre les eaux douces du Baïkal, quel voyage !
Après, l'espèce s'est adaptée à ce milieu dépourvu de sel et aux ressources alimentaires différentes, une question de survie.

Ces phoques du Baïkal ont d'ailleurs des particularités anatomiques que ne possèdent pas leurs cousins du Grand nord. Leurs griffes sont plus longues afin de mieux s'agripper à la glace du lac plus dure que celle de la banquise arctique et leurs dents différentes, plus adaptées aux petits poissons locaux. Car l'animal pesant en moyenne une cinquantaine de kilos est vorace engloutissant, paraît-il, près d'une tonne de poissons par an ... par chance ce ne sont pas ceux qui intéressent les pêcheurs locaux.

 

En quittant l'archipel des Ouchkany

 

Nous laissons maintenant derrière nous l'archipel et ses îles dont les collines sont ourlées d'un dernier voile de brume ... quelques mouettes suivent le sillage du bateau, intéressées par les déchets des poissons que jette Pavel à l'arrière du bateau.
L'occasion pour moi de jouer avec mon objectif photo afin d'immortaliser ce panorama et ces oiseaux marins, même si la vue est à contre-jour, le cadrage donne une composition équilibrée.

 

 


Une réserve naturelle sous bonne garde : Cet îlot transformé en sanctuaire pour les nerpas est bien gardé, l'accès y est d'ailleurs très contrôlé.
Des gardes forestiers veillent et accompagnent les visiteurs jusqu'au point de vue sur les colonies de phoques.
Un droit de visite est versé aux gardiens ... combien ? Cela semble dépendre de la négociation, je n'ai pas vraiment tout compris mais je crois que Nicolaï et Pavel (nos capitaines) ont été très efficace ... Merci !

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